Prolexis en est à 18 488 erreurs trouvées dans Écrivains en séries – déjà multiplement corrigé, bien sûr, mais ça compte les erreurs typo – ; la nuit va être longue !…
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Mesures typographiques

Les imprimeries privées, en France, utilisaient, en fonte chaude, le point typographique créé par F.-A. Didot en 1775.
Le point didot mesure 0,375 9 mm, soit environ 3/8 de millimètre.
Son multiple, le cicéro (ou douze), vaut 12 points.
Un mètre contient 2 660 points didot (1 mm = 2,66 points).
Après les travaux décidés par l’Assemblée constituante en 1790 concernant la détermination de la longueur du mètre et l’élaboration du système métrique, Didot voulut modifier son « point » et créa le point métrique qui fut adopté par l’Imprimerie nationale.
Le point métrique représente exactement 0,4 mm.
Un mètre contient 2 500 points métriques (1 mm = 2,5 points).
Cette mesure ne put s’étendre à toute l’imprimerie car son adoption eût entraîné un changement complet de matériel utilisé par l’industrie privée, ce qui était impensable à l’époque. L’Imprimerie nationale, qui possédait sa propre fonderie, put effectuer l’opération.
À la suite d’un fâcheux concours de circonstances qui se produisit au début du siècle dernier, le « point IN » (dit métrique) se trouva dans la pratique ramené à 0,398 77 mm…
Un peu d’histoire avec le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, édition 2002.
C’est un peu comme le souvenir de dessins animés d’enfance (plusieurs, mélangés anarchiquement) en plein rêve éthylique érotique ou sous acide. Pipi, caca, sperme, cyprine, sang et chocolat. Drawn Together réunit huit archétypes de héros dessinés sous le prétexte d’une émission de téléréalité de type Loft Story – vous vous souvenez ? Loana et Jean-Édouard dans la piscine ! – même pas si caricaturale que ça, finalement. Et c’est là où ça fait mal à la réalité dans laquelle nous nous mouvons et survivons. Plus le trait est forcé, plus il semble vrai. La vulgarité des dialogues, l’obsession sexuelle permanente, la perversion, la cruauté, la manipulation, la jalousie, la domination, tous ces éléments pourtant outrés de toute la force de couleurs RVB et d’effets Flash ne sont jamais aussi aigus, blessants ou révoltants que dans n’importe quelle autre émission de téléréalité mettant en scène de vraies personnes de chair et de sang. Drawn Together agit comme un révélateur critique du monde, du spectacle et du rapport à la représentation. Et un révélateur critique irrésistible, en plus.
Mais passons au casting avant d’évoquer la série plus en détail :
Captain Hero est une espèce de Superman stupide, obsédé par le sexe, à l’appétit d’ailleurs assez voile, vapeur, réacteur, rail… Il est à la fois terriblement viril et aussi nerveusement instable qu’une jeune fille pubère qui connaîtrait chagrin d’amour sur chagrin d’amour. Princesse Clara est un parangon de princesse Disney. Les animaux de la forêt arrivent quand elle chante (ils se font d’ailleurs massacrer dans l’un des épisodes) et elle ne quitte jamais sa robe pastel. C’est la première fois qu’elle sort de son château et affronte le monde extérieur. C’est pourquoi elle pense que tous les Noirs sont des serviteurs et qu’il faut suivre les préceptes du Christ à la lettre. Bref, elle est xénophobe, homophobe, masturbophobe, mais elle se dévergonde tout de même un peu. À sa décharge, elle porte le poids d’une malédiction infligée par sa marâtre qui a posté une pieuvre géante à l’entrée de son vagin. Ling Ling est clairement inspiré de Pikachu, en version psychopathe. Il sait également fabriquer des chaussures de sport en dix secondes – la série jouant beaucoup des clichés racistes. D’ailleurs, il parle un japonais plus qu’approximatif dans lequel des termes comme « Yoko Ono » servent de verbes… Foxxy Love est l’héroïne black des séries Hanna-Barbera des années 70, totalement funky, totalement sexie. À la fois musicienne et détective, son personnage s’inspire de Valerie Brown de Josie & the Pussycats, première héroïne noire à être apparue régulièrement dans un cartoon. Elle a connu un succès d’estime avec son groupe The Foxxy 5 dans les années 80 et tente de relancer sa carrière solo grâce à l’émission. Spanky Ham est la mascotte d’un site porno créée en Flash. Il est à l’image de ce dont il fait la promotion, du sexe à l’uro scato. Il est méchant et manipulateur mais bien sûr finalement très attachant – car tellement humain. Toot Braunstein apparaît en noir et blanc car c’est une Betty Boop des années 1920. Mais ça remonte, les années 1920. Depuis, elle est donc totalement has-been. Elle pensait faire partie des sex symbols de l’émission mais n’entre pas dans les canons actuels : trop grosse ! trop typée ! Elle devient donc « The Bitch » (que nous traduiront euphémistiquement par « la garce ») et tente de semer la zizanie entre ses colocataires. Complètement bipolaire, elle entre dans des rages folles, hurle et pleure dès que l’on ne lui prête pas attention. Elle trouve son réconfort dans la boulimie, ce qui la rend, évidemment, encore plus malheureuse. Xandir est une caricature des héros de jeux vidéo du style Link, le héros de Legend of Zelda. Au début de la série, il lasse tout le monde en ne cessant de répéter que sa mission est de sauver sa petite amie des méchants… mais il fait rapidement son coming out. Sa sensibilité à fleur de peau en fait le parfait confident et l’incarnation de tous les clichés homo. Wooldoor Sockbat semble être un mélange entre Bob l’Éponge et Stimpy des Looney Tunes. Naïf et loufoque, on lui attribue pourtant les fonctions fort responsables de médecin, psychiatre, professeur, prêtre ou pilote.
Si vous ne l’avez jamais ne serait-ce qu’entraperçu, je conçois que ce mélange soit difficile à imaginer. Mais Dave Jeser et Matthew Silverstein, les créateurs de la série, ne s’encombrent d’aucune notion de vraisemblance (chacun des héros mourant successivement pour revenir l’épisode suivant sans explication), il vous suffit donc de penser à un monde anarchique où Bob l’Éponge peut côtoyer Betty Boop. Et comme je l’évoquais plus haut, métaphoriquement, ce n’est pas bien différent de ce qui est offert à nos regards et à nos sensibilités tous les jours…
Drawn Together passe Loft Story (Big Brother, aux États-Unis) aux rayons X mais aussi – plus brièvement – The Bachelor (au moment où l’on cherche un Prince Charmant – qui d’ailleurs, trouvé, se suicidera aussitôt – pour la pieuvre vaginale de la Princesse) et Survivor (les colocataires tentant de fuir leur prison à caméras en hélicoptère s’étant écrasés sur une île paradisiaque…) Dans chacune de ces arènes télévisuelles est mise en scène l’utilisation quasi sacrificielle de l’être humain, annihilant la souveraineté de son identité au profit de l’amusement (ou plutôt : « entertainment », cela devient une notion à part entière) des masses. Chaque individu est un pion manipulé par les producteurs pour leur rapporter de l’argent. En dehors de ce circuit et dans leur logique, ce pion ne vaut rien. Les personnages de Drawn Together l’expérimenteront quand, ayant quitté à la fois leur Loft et Survivor, ils se feront claquer porte sur porte au nez à Hollywood. Usant d’un procédé oxymorique certes ancien mais efficace, Drawn Together – mettant en scène des personnages enchantés et merveilleux dans un décor de fiction télé censé mimer la réalité – est une série de la lucidité et du désenchantement. De nombreux thèmes politiques et sociaux y sont abordés. Et comme dans South Park, leur traitement vulgaire, scatologique et outrancier est une bonne arme de dénonciation. On a déjà évoqué le racisme et l’homosexualité. La série parle également de l’exploitation des masses, du travail des enfants, du handicap mental, des maladies alimentaires, des troubles psychiatriques, du rapport parents/enfants, de la guerre et même, métaphoriquement, de la Shoah (Wooldoor Sockbat et toute son espèce se retrouve en pyjama rayé, mené à la mort par les Sweetcakes) et donc, de la nécessité de ne pas oublier l’Histoire. Techniquement, l’animation joue souvent des codes du genre à travers, par exemple, l’utilisation extensive de pauses inhabituellement longues dans l’action, le spectateur se retrouvant face à une image fixe pendant d’interminables secondes. La répétition, tel un hoquet emballé, agit également en instrument comique et critique. Drawn Together ose tout et, osant tout, fait œuvre de salut public. En cela, paradoxalement, c’est une série qui porte beaucoup d’espoir. Mais cela n’aura duré que trois saisons.
Article à paraître dans Écrivains en séries.
Tagué:Écrivains en séries, Betty Boop, Canal +, Captain Hero, Comedy Central, Dave Jeser, dessin animé, Disney, Drawn Together, Foxxy Love, Laureli, Ling Ling, Loft Story, Matthew Silverstein, Princesse Clara, série télé, South Park, Spanky Ham, texte critique, Toot Braunstein, Wooldor Sockbat, Xandir
Lecture/concert d’extraits du Travail de rivière au Musée de Chaumont.
Texte, lecture : bibi.
Improvisation musicale : Olivier Mellano.
Captation vidéo : Maïwenn Grall.
« Pour construire cette exposition, j’ai procédé par fouille archéologique de ma propre mémoire.
À la manière du chercheur d’or dans la rivière, j’ai opéré un travail de tamisage et de raffinage qui a distingué une galaxie d’œuvres toutes irréductibles à une lecture unique, porteuses d’une “légende”, questionnant la genèse des formes, la genèse de l’humanité. Le choix d’œuvres anciennes (1920, 1967…) et plus récentes met en avant ma fascination pour les formes fortes, simples et premières, “matériologiques”. Mais il ne s’agit pas d’un exposé des méthodes, car l’art reste avant tout un croisement de signes.
A-chronologique, cette proposition met en avant un intérêt pour les constructions humaines, les objets sourds, les œuvres reliques, un goût pour les vestiges. Ces œuvres ont une relation forte au temps et à la finitude, à l’origine et à l’éternité, nous ramenant au mystère et à l’énergie de la création des artistes. Elles disent le temps, milieu naturel de l’art, qui boucle sur lui-même, au sens où certaines formes du passé persistent, survivent au présent, demeurent et traversent les siècles vers le futur : le mythe de “l’éternel retour”.
Les œuvres exposées sont d’argile (mémoire de la forme), de graphite (le carbone offre l’élément de la plus ténue différence entre l’ordre animal, l’ordre végétal et l’ordre minéral), de silex taillé (depuis plusieurs centaines de milliers d’années), de plomb (saturne, astre fatal, maître du plomb et de la mélancolie), de poussière (poudre, particules de matière), de verre, de sable, de cristaux, de corail, d’ambre, de papier, de coquillage, d’encre. Autant de matières fondamentales et élémentaires, qui forment “la substantifique moelle” du répertoire naturel, des substances les plus brutes aux plus précieuses. C’est aussi pour le spectateur faire une expérience actuelle et sensible d’une origine perdue, qu’elle soit réelle, fantasmée ou inventée.
Le Travail de rivière revisite ses classiques en même temps qu’elle actualise des relevés naturalistes comme les empreintes, les fossiles ou les prélèvements géologiques, tout en collectant les traces ethnographiques que sont les masques, coiffes, cellules nomades. Autant de matrices formelles, artistiques, culturelles et intellectuelles. C’est une “collection de sable” au sens d’Italo Calvino : “rassembler une collection comme tenir un journal, c’est-à-dire un besoin de transformer le cours de sa propre existence en une série d’objets sauvés de la dispersion, ou en une série de lignes écrites, cristallisées en dehors du flux continu des pensées.”
Une exposition, au fond, qui avoue qu’elle peut être le fruit de l’imagination du collectionneur temporaire qu’est le curateur, et qu’à cet égard, elle peut s’inscrire dans un système de correspondances subjectives équivalent à celui de la collection. Une exposition qui se regarde à travers différentes strates, comme se révèle, au cœur de l’été, le lit d’une rivière asséchée. »
Claire Le Restif
Commissaire de l’exposition Le Travail de rivière
Au CREDAC, Ivry-sur-Seine
Œuvres montrées ci-dessus :
Hubert Duprat, Sans titre, 1994.
Giuseppe Gabellone, Vasca, 1996.
Nathalie Talec, Crampons, 2008.
{Cliquer sur les images pour les agrandir.}
… Reçu !
Et on n’est pas peu fières !
{Cliquer sur les images pour les agrandir}
EN LIBRAIRIE LE 17 FÉVRIER.
Le Travail de rivière, ce sera aussi une exposition au Credac, à Ivry-sur-Seine, à partir du 4 février. Je précise que ce n’est pas en rapport avec le livre : Claire Le Restif a beaucoup aimé ce titre et l’a trouvé – l’oxymore – en relation avec son exposition à venir.
Nous y interviendrons, mercredi 18 mars, avec Olivier Mellano pour une lecture/concert, Fanette Mellier y parlera également de son projet de « livres bizarres »… et peut-être d’autres participants, mais je vous en reparlerai…
Le Credac, 93 avenue Georges Gosnat, Ivry-sur-Seine, à 5 mn du métro Mairie d’Ivry, ligne 7
{cliquer sur l’image pour l’agrandir}
Loué soit Quidam éditeur ! J’espère que je l’ai déjà écrit ici, oui oui, ça y est, je m’en souviens, c’était à l’occasion de la sortie de L’Ami Butler de Jérôme Lafargue. Je voulais également parler de Rome, regards de Rolf Dieter Brinkmann et de Désirée de Marie Frering mais l’algie est passée par là, les journées sont trop courtes, les nuits, je ne vous raconte même pas, et puis…
Bref, j’espère un jour.
En attendant, puisque je me suis levée tôt et que j’ai séché un cours de CAF (oh la vilaine ! ), je vais vous parler d’Albert Angelo (s’il vous plaît, prononcez Albert Àndgelo, avec l’accent tonique au bon endroit, ça me fera plaisir, et cela rend le nom tellement ironique, ainsi…) de B.S. Johnson dont Quidam a déjà publié trois autres traductions :
R.A.S. Infirmière-Chef, une comédie gériatrique, 2003 (première publication en Angleterre : House Mother Normal, 1971) ;
Christie Malry règle ses comptes, 2004 (Christie Malry’s Own Double-Entry, 1973, l’année du suicide de l’auteur) ;
Chalut, 2007 (Trawl, 1966 ) ;
le tout magnifiquement traduit de l’anglais par Françoise Marel (clap ! clap ! clap !) ;
et que je vais me hâter d’acquérir au grand dam de mon banquier sans attendre sagement le 2 février.
Quand on tape « B.S. Johnson » dans un moteur de recherche, on tombe immédiatement sur de l’ « english experimental novelist, poet, literary critic and film-maker » et autres présentations du même tonneau, bref, un peu de tout mais toujours « ex-pé-ri-men-tal ». Ce qui l’a sans doute soigneusement confiné à la littérature-prise-de-tête et les choses pas commerciales, les voiles, pauvre homme, malgré son succès critique indéniable.
Pourtant, le lecteur lambda (c’est-à-dire pas un {là, je me permets quelques lignes d’autocensure et j’évite de jouer ma vipère pour ne pas me faire égorger au cutter rouillé par mon attachée de presse}) qui a la chance d’ouvrir les pages d’Albert Angelo et de se plonger dans son univers à la fois sombre et électrisant serait bien en peine de sortir un qualificatif du genre « expérimental ». Ben voui, la belle affaire, pendant quelques pages, deux colonnes séparent le discours du héros-prof à ses élèves de ses pensées profondes. Vous voyez une éprouvette là-dedans, vous ? Cela ne semble-t-il pas, justement, traduire avec une grande simplicité formelle cette duplicité sociale ressentie par chacun au quotidien ? Un peu plus loin, la reproduction d’une carte de voyante. Mazette, c’est pas Laurence Sterne qui va se retourner dans sa tombe. Un peu plus loin encore, deux trous, dans la page, permettent de découvrir « le future de la fiction ». C’est pas gentil, ça, de donner au lecteur un peu d’avance ? De rendre le suspens un peu plus piquant ? Et dès l’orée, le plan, clairement annoncé, du livre : « prologue », « exposition », « développement », « désintégration », « coda ». On ne peut plus limpide, non ? Ah oui, d’accord, « désintégration » est très « méta » et parle du processus d’écriture et de mise à distance du biographique par la fiction… Personnellement, je trouve ça nettement moins « expérimental » comme expérience de lecture que la première merdasse dénichée par désespoir à 7 heures du mat’ (ou à 19 heures, juste après un Xanax) dans un Relais H avant un trajet de 5 heures, Ken plaquant Barbie qui, malheureuse, fait le point sur sa vie au passé simple (avec un usage plutôt douteux du subjonctif, m’enfin, passons) ce qui lui permet, un jour de printemps et après avoir enterré son père de rencontrer Blaine (Blaine ! pas le poète éponyme, hélas).
Bref, vous l’aurez compris, pour moi, B.S. Johnson est un grand écrivain de romans tout court. Pas un grand écrivain de romans expérimentaux.
« —La page est un espace sur lequel je dois pouvoir déposer les signes qui, d’après moi, transmettent le plus justement possible ce que j’ai à transmettre : j’utilise donc, dans les limites du budget de mon éditeur et de la patience de mon imprimeur, des techniques typographiques qui transgressent les limites contraignantes du roman conventionnel. Rejeter de telles techniques en les traitant d’artifices, ou refuser de les prendre au sérieux, c’est laisser passer l’essentiel. » (Albert Angelo, p. 180)
Albert est architecte. Mais en fait, il ne vend aucun de ses plans. Et d’ailleurs, il les rêve plus qu’il ne les exécute, ses grands projets architecturaux. Au quotidien, histoire de payer son loyer et les bières qu’il descend en cohortes avec son meilleur pote d’infortune (les deux ont été cocufiés/plaqués et sont inconsolables), il est professeur vacataire. Dans des collèges « difficiles ». Donc (Oliv’ et JB, lisez ce livre), il distribue des beignes entre deux exposés de géologie. Et il bande devant les fesses rebondies des filles de 3e à qui il prête tous les vices. Il envie presque ces « sauvageons » (ce n’est pas une citation de l’auteur, vous l’aurez compris) pour leur liberté inaliénable, leur absence de crainte face à toute forme d’autorité, professorale ou policière. Bien évidemment, au-delà de cette trame, ce qui importe, ce qui fait le sel et la terre de ce récit, c’est la plume de B.S. Johnson, acide et jubilatoire, passionnée et désabusée, n’hésitant même pas à offrir au lecteur une blague obscène en bonus track…
Je ne puis donc que vous conseiller impérieusement de toute la force de ma persuasion de vous ruer dans votre librairie bien-aimée et de lire fissa Albert Angelo.
Lekti-Lecriture.com a mis également en ligne un article très intéressant sur Chalut.
Et si vous lisez l’anglais sans douleur, vous pouvez également vous procurer ceci, dont j’ai emprunté l’illustration : Like A Fiery Elephant : The Story Of B. S. Johnson de Jonathan Coe (pas de réclamations, je précise que je n’ai pas goûté et approuvé ce dernier titre ; si certains connaissent, n’hésitez pas à m’en parler, j’ai toujours la flemme de lire en anglais, même pas ashamed…)
>> Ajout du 21 janvier :
Hourra ! La bio de B.S. Johnson par Jonathan Coe va être publiée, toujours par Quidam fin 2009/début 2010.
Et en octobre ou novembre – chez Quidam, toujours – vont paraître Les Malchanceux de B.S. Johnson, « le livre-boîte dont les 27 sections ou chapitres peuvent être battus comme des cartes et être lu(e)s selon l’ordre imposé par le hasard, le seul impératif restant de lire la section « Début » au début et la section « Fin » à la fin » m’explique l’éditeur, Pascal Arnaud.
C’est drôle, Emmanuel Rabu me rappelait hier qu’il m’avait parlé de ce livre, ainsi que de Albert Angelo il y a plusieurs années, enfin, pas précisement : il avait lu un article dessus et avait évoqué un livre troué et un livre sous forme de cartes combinatoires. En épluchant ses archives rougéennes, nous n’avions pas réussi à remettre la main dessus et donc à identifier l’auteur et les œuvres… Mieux vaut tard !

La vidéo enregistrée avec et pour François Bon et la BNF dans le cadre de l’atelier d’écriture Écrire la ville est en ligne.
Vous y verrez et entendrez également François Bon, Paulette Perec, Raymond Bozier, Hervé Le Tellier et Marcel Benabou, Jacques Roubaud, Nathalie Quintane (et d’autres, à venir).